La vie à la cour au 18ème siècle

Le château côté cour, gravure du recueil d'Emmanuel Héré (1752)

Au début du XVIIIe siècle, le château devient la résidence officielle du duc de Lorraine, de sa famille et de sa cour. Plusieurs dizaines de courtisans se rassemblent chaque jour dans les pièces publiques du château. Avec les domestiques qui assurent le service, plusieurs centaines de personnes se croisent dans les salles des gardes et de la livrée, ainsi que dans l’escalier d’honneur. Certains courtisans sont investis de charges officielles (chambellan, maître d’hôtel, maître de la garde-robe, dame d’honneur, gouvernante…). Ils sont réunis avec le reste du personnel dans la « maison » mise à disposition du duc, de la duchesse et de leurs enfants.

 

Vie publique, vie politique et vie privée

Le duc Léopold est un souverain travailleur. Il consacre une grande partie de la journée aux affaires de l’Etat lorrain.

Stanislas assistera par la suite très régulièrement au conseil, même si les décisions politiques sont prises par le représentant du roi de France, le chancelier La Galaizière, qui prend les décisions au nom du roi de France.

Pour chacun de ces ducs, la vie se partage au quotidien entre obligations politiques, représentations publiques (messe tous les matins dans la chapelle en présence de la cour, repas public plusieurs fois par semaine…) et moments d’intimité.

 

La toilette

Contrairement à une idée reçue, les soins du corps ne sont pas négligés à cette époque. Le duc et son épouse disposent chacun de « toilettes » modernes. L’usage de l’eau dans les gestes d’hygiène fait de notables progrès au XVIIIe siècle. Dans les sous-sols du château, un appartement complet est réservé au bain. C’est toutefois dans une pièce publique de son appartement, la « chambre de la toilette », que la duchesse se fait coiffer et maquiller tous les matins en présence de sa dame d’honneur, de sa dame d’atour et de ses filles d’honneur. Ces missions sont assurées par des jeunes filles de la noblesse venues au château terminer leur éducation. Cette petite cérémonie est un moment officiel de la vie de cour.

Dame de qualité à sa toilette, eau-forte, vers 1770, collection particulière

Les loisirs

Les loisirs sont nombreux et variés : chasse dans les forêts des environs, promenade dans les jardins, partie de pêche sur le canal, bain dans la rivière. Représentations théâtrales, concerts, illuminations dans le parc sont organisés régulièrement au château.

Le duc Léopold a pratiqué pendant sa jeunesse le jeu de paume, ancêtre du tennis, puis le billard. Son épouse Elisabeth-Charlotte a des goûts simples : elle aime jardiner dans son potager ou suivre la fabrication du fromage dans sa petite ferme, la ménagerie. Elle dispose aussi dans le château d’une cuisine où elle expérimente quelques recettes.

 

Les arts de la table

Elisabeth-Charlotte est à l’origine de la création, dès 1705, d’un mécanisme permettant de faire monter une table déjà dressée depuis les cuisines en sous-sol. Cette « table volante » est l’une des premières connues en Europe. Son principal intérêt est de préserver l’intimité des convives, qui prennent leur repas sans subir la présence de nombreux domestiques.

L’art de la table est entouré d’un grand raffinement à la cour des ducs de Lorraine. La cuisine fait l’objet des mêmes soins. Stanislas a eu à son service des chefs de grand talent. Le plus célèbre fut Joseph Gilliers, chargé plus spécialement de la pâtisserie, qui a rédigé un célèbre livre de recettes Le Cannaméliste français.

La table volante d'Elisabeth-Charlotte